Lu pour vous Synthèse au 27/05/2010
Pour ce qui est de la production minière, celle-ci reste plutôt étale, les couts d’exploitation ne cessant pas d’augmenter, et la teneur en or fin des gisements découverts récemment s’avérant relativement faible. Benjamin Louvet Directeur Général Délégué de Prim’Finance : Nous avons eu un très fort bouleversement de la production d’or au cours des 20 dernières années. L’Afrique du Sud qui était très largement le premier producteur d’or avec des parts de marché de l’ordre de 40 à 45% en 1985 est aujourd’hui le quatrième producteur mondial avec moins de 10% de production.
Le premier producteur mondial est la Chine avec 13% de production.
Mais cette production se situe aujourd’hui à un tournant. Selon une récente étude du World Gold Council, l’agence créée par les plus grands groupes miniers pour suivre le marché de l’or, l’état des mines en Chine pourrait amener la production d’or à décliner très fortement, pour diminuer de près de moitié dans les cinq ans qui viennent, sans investissement lourd de leur part. La production est donc limitée et le marché s’équilibre uniquement grâce à une remise sur le marché d’une partie du stock. Parallèlement, la demande sur le marché physique ne tarit pas, et représente près de 4100 tonnes par an.
Ces fondamentaux solides, sont à placer au second rang dans les facteurs explicatifs de la montée du cours du métal jaune ?
Benjamin Louvet : D’habitude lorsque le dollar s’apprécie, l’or a tendance à baisser. En effet, le négoce du métal se fait en dollar et lorsque la devise américaine monte par rapport aux autres monnaies, les acteurs ont tendance à réduire leur volume d’achat ce qui fait baisser le prix de l’or. L’or joue en ce moment de manière très marquée son rôle de valeur de refuge. A court terme, la Grèce pourra tenir ses engagements et ses obligations au niveau de sa dette, mais sur le long terme, le problème reste entier. La plupart des pays de la zone euro, mais aussi les Etats-Unis et le Royaume-Uni, sont arrivés à un niveau d’endettement parfaitement insupportable. « Bernanke » a d’ailleurs récemment rappelé devant une commission de la maison blanche, que si le trend se poursuivait sans prise de mesures rapides, la situation de la dette américaine était insoutenable. Pour le Royaume-Uni, les agences de notation ont pour le moment été relativement clémentes, le pays était en période électorale et il était donc difficile de savoir, quelles orientations prendrait le nouveau gouvernement.
Ces agences attendent de connaitre quelles seront les décisions politiques sur le plan budgétaire, et pourront prendre ensuite se prononcer sur la dette souveraine anglaise.Partant de l’hypothèse que nous avons une toile macroéconomique risquée, et des fondamentaux qui viennent alimenter le déséquilibre offre-demande, nous pouvons légitimement nous demander où peut s’arrêter ce trend haussier ?
Benjamin Louvet : Nous pourrions tout à fait imaginer des cotations absolument délirantes : 2000, 3000, 10 000 dollars. Nous sommes sur de l’irrationnel complet. Si les phénomènes liés à la dette souveraine s’aggravent, l’achat d’or en vue de sécuriser les actifs répond à une logique de préservation (flight to quality) où le prix n’est qu’une composante secondaire.
Les autorités européennes monétaires et financières, le FMI, les autorités internationales ont décidé un plan de soutien pour éviter la contagion du risque souverain lié aux difficultés rencontrées par la Grèce sur le reste de l’Europe et d’éviter des conséquences dramatiques pour la monnaie européenne. Nul ne peut dire jusqu’où le trend haussier pourra aller. Ce que l’on peut affirmer, en revanche, c’est que nous aurons du mal à retourner sous les 1050 ou les 1100 dollars l’once.
Les arguments en faveur de l’investissement dans l’or ne manquent pas. Tout d’abord, si le métal précieux ne rapporte rien, il en va de même pour les placements monétaires et les bons du Trésor car actuellement les taux d’intérêt nets de l’inflation sont négatifs : le taux de l’Euribor 1 an est de 1,247 %, alors que l’inflation dans la zone euro en avril ressort à 1,5 %. La leçon à tirer de ce qui se passe depuis 18 mois, c’est qu’il faut toujours avoir de l’or en portefeuille. L’achat d’or physique est plus populaire que jamais. C’est la seule manière d’éviter le risque de contrepartie, c’est-à-dire celui de voir un intermédiaire financier faire la culbute. Le choix est vaste entre les pièces et les lingots. Le prix de l’or reste à des sommets. Grâce aux investisseurs, qui achètent encore. La quantité d’or physique gérée par les 19 trackers spécialisés est passée à 1 800 tonnes – du jamais vu ! Les statistiques montrent que la demande des investisseurs a dépassé celle de l’industrie joaillière, et ce pour la première fois depuis 30 ans.
Vous pouvez encore acheter et accumuler dans les phases de consolidation. La production des mines et le recyclage du métal jaune parviennent à peine à satisfaire la demande. De plus, l’or est un bon instrument de diversification, surtout par les temps qui courent.










